Lorsque Jan Schulmeister entre dans les studios de Supraphon, il vient tout juste d’atteindre sa majorité. Le jury de la Junior Van Cliburn International Competition l’a remarqué, lui donnant le Troisième Prix.
Dès les premières mesures sans fanfare de ses Tableaux, le poète parle, son Vecchio castello dit assez quel artiste il est déjà, modelant ces dolce irréels. Rien pour la galerie, tout pour la musique, ses Tableaux sont un voyage onirique et le clou d’un album qui montre aussi ses limites : l’ultime Moment musical le trouve débordé par les grandes mains exigées par Rachmaninoff, mais ailleurs l’élégance nostalgique est si prégnante (le cantabile de l’Andante cantabile, les petits notes fuligineuses de l’Allegretto) qu’on lui pardonne la distance (ou la prudence) qu’il impose dès que le grand geste paraît.
Ce défaut serait-il une vertu ? Les Scriabine entendus en rêve, avec des nuances opiacées, sur un clavier de soie, le laissent croire.
LE DISQUE DU JOUR
Modeste Moussorgski
(1839-1881)
Tableaux d’une exposition
Alexandre Scriabine
(1872-1915)
5 Préludes, Op. 16
Étude en ut dièse mineur,
Op. 2 No. 1
Sergei Rachmaninov
(1873-1943)
6 Moments musicaux,
Op. 16
Jan Schulmeister, piano
Un album du label Supraphon SU4365-2
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Photo à la une : le pianiste Jan Schulmeister – Photo : © Khalil Baalbaki