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Gallicanisme

Au centre du voyage, John Wilson déploie les sortilèges d’Une barque sur l’océan, peut-être le plus moderniste orchestre jamais pensé par Ravel : la sombre clarté de cette version, sa précision fanatique dans les dosages des dynamiques et des timbres en révèlent toute la terrible beauté où passe l’écho d’un naufrage. Ravel est d’ailleurs l’un des sujets de l’art de John Wilson et de son Sinfonia of London qui lui ont déjà consacré deux albums, j’y reviendrai.

Si cette Barque est la perle noire du disque, les autres œuvres sont franchement solaires, même la Danse macabre jouée comme une fantaisie méphistophélique emportée par le violon impertinent ou enjôleur de John Mills.

L’Apprenti sorcier est pris dans un tempo fou que les crayons des dessinateurs de Walt Disney n’auraient probablement pas pu suivre, quel brio !, qu’on retrouvera au long des tableaux orchestraux arrangés par Guiraud de Carmen, rarement enregistrés, dont l’Espagne n’est ici jamais de pacotille. John Wilson y impose son ordre, créant une symphonie dramatique où l’essence de l’opéra se trouve capturé. Magnifique conclusion d’un album qui n’est pas que divertissement : écoutez sa si poétique orchestration du Clair de lune debussyste.

LE DISQUE DU JOUR

French Orchestral Favourites

Paul Dukas (1865-1935)
L’Apprenti sorcier. Scherzo d’après un ballade de Goethe
Claude Debussy (1862-1918)
Clair de lune (version orchestrale : John Wilson, 1994)
Emmanuel Chabrier
(1841-1894)
Joyeuse Marche (version orchestrale)
Maurice Ravel (1875-1937)
Une barque sur l’océan, M. 43/3 (version orchestrale)
Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Danse macabre, Op. 40, R. 171*
Georges Bizet (1838-1875)
Carmen – Suites (compilation Guiraud, 1873)

*John Mills, violon
Sinfonia of London
John Wilson, direction

Un album du label Chandos CHSA 5379
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Photo à la une : le chef d’orchestre John Wilson – Photo : © DR

Voix de cordes

Non pas le disque de bis classiques attendu d’un jeune virtuose : le noir envahissant le blanc de la pochette dit assez qu’ici Daniel Lozakovich flirte, par son itinéraire si singulier dans treize pièces brèves, avec le sombre, au mieux avec la mélancolie. Continuer la lecture de Voix de cordes

Le Poète chante

Trahi au long des années soixante-dix par des prises de son qui ne voulaient pas capturer les mystères de sa sonorité, Radu Lupu parvint tout de même à transmettre une part de son art sous étiquette Decca : sa sonorité si belle, même amoindrie Continuer la lecture de Le Poète chante

Tradition et audace

Vienne sortait à peine de sa partition entre les secteurs contrôlés par les alliés, Friedrich Gulda était déjà ailleurs. Son Premier Prix au Concours de Genève n’avait pas laissé indifférente l’équipe de Decca en Suisse qui le dépêcha à la maison mère. Continuer la lecture de Tradition et audace