Simon Tetzlaff, nouveau prodige du violoncelle germanique, n’invite le piano qu’une fois dans un album qu’il a probablement pensé initialement comme un grandiose soliloque.
Malinconia aurait dû nommer le disque, partition géniale, un des opus majeurs de Sibelius si rarement enregistré. Le jeune homme y fait jeu égal avec Truls Mørk ou Heinrich Schiff. Plus rare encore, le Thème et Variations destiné au frère du compositeur, Christian, où Sibelius part de Bach pour créer tout un univers si à part de son propre monde.
J’admire les registrations, l’esprit, l’archet qui pique et danse, et trouvera dans le grand œuvre de l’album, la Sonate de Zoltán Kodály, de quoi prouver sa valeur. Si le geste est virtuose, et assez à la façon un peu sèche de János Starker – le Finale est aussi épique que celui du Hongrois dans ses nombreuses versions – écoutez d’abord l’espressivo de l’Adagio.
En coda, la Sonate d’Ysaÿe ne cache pas son Bach, mais sa poésie, l’échappée belle de l’Intermezzo avec ses petits effets de guitare, un Final roide jusque dans son bref, font un ajout bienvenu à ce disque portait qui me rend impatient d’entendre la si belle sonorité de Simon Tetzlaff en concerto.
LE DISQUE DU JOUR
Zoltán Kodály (1882-1967)
Sonate pour violoncelle seul
en si mineur, Op. 8
Jean Sibelius (1865-1957)
Malinconia, Op. 20
Thème et Variations
en ré mineur, JS 196
Eugène Ysaÿe (1858-1931)
Sonate pour violoncelle seul, Op. 28
Simon Tetzlaff, violoncelle
Kiveli Doerken, piano
Un album du label hänssler classic HC25027
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Photo à la une : le violoncelliste Simon Tetzlaff –
Photo : © Queen Elisabeth Competition (2022)