Benjamin Grosvenor lui avait accompagné un merveilleux Lark Ascending pour ses débuts en format digital sous étiquette Decca, j’espérais sous le même label un « debut album », le voici mais pour Linn, qui lui offre un premier disque aussi passionnant que risqué.
Elle n’aura pas la puissance sonore nécessaire pour le Scherzo et le Finale du Premier Concerto de Chostakovitch, mais elle relèvera le gant crânement, sachant que son art est ailleurs : écoutez le modelé du Nocturne dans la nuit empoisonnée que lui tisse avec tant d’art l’orchestre de la WDR et Gergely Madaras, l’autre révélation de cet album. Il donne ensuite toutes ses chances à l’Opus 3 d’un Chostakovitch de quinze ans encore élève au conservatoire, bien plus pourtant qu’un devoir d’étudiant.
Ajout majeur à la discographie balbutiante d’Henriëtte Bosmans, dont on commence à découvrir les œuvres, l’éloquent triptyque de la Pièce de Concert, ses orages d’orchestre, ses panoramiques saisissants, ses mélodies amères, seront pour beaucoup une révélation. Œuvre au noir, d’une densité quasi expressionniste dont Hyeyoon Park savoure les désolations dans les paysages changeants animés par Gergely Madaras, elle commande d’acquérir l’album.
LE DISQUE DU JOUR
Dmitri Chostakovitch
(1906-1975)
Concerto pour violon et
orchestre No. 1 en la mineur, Op. 77
Thème avec Variations en
si bémol majeur, Op. 3
Henriëtte Bosmans
(1895-1952)
Pièce de Concert pour violon et orchestre
Hyeyoon Park, violon
WDR Sinfonieorchester
Gergely Madaras, direction
Un album du label Linn Records CKD 772
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Photo à la une : la violoniste Hyeyoon Park – Photo : © DR