Couplage classique

Deux œuvres de jeunesse qui n’ont rien à voir. Malgré ce hiatus les quatuors aiment se marier en ce couplage.

Pour les Ébène et les Belcea ce fut au Schloss Elmau l’été passé. Il faut lire le grand texte de Raphaël Merlin (L’épreuve par huit) qui assume la mise en regard des deux opus en soulignant d’ailleurs leurs distances multiples, temporelles, stylistiques, de propos.

Le Mendelssohn est admirable de clarté, d’élégance, de boisé, cela respire comme rarement et montre déjà le « sur les pointes » façon Songe d’une nuit d’été, la fusion entre les deux Quatuors parvenant à des équilibres funambulesques. Magnifique simplement.

Cette fusion allait-elle se retrouver dans l’Octuor d’Enesco où le jeune homme étrangle non sans délice le Vieux Monde pour le dissoudre dans un Finale génial que Schönberg aurait pu écrire ? Pari gagné cette fois encore, l’ardeur qui emporte les complexités contrapuntiques au long de l’ouvrage, l’espressivo empli de saveurs populaires savamment masquées, le ton d’orchestre fourni par la complexité des strates harmoniques, tout cela fusionne dans cette valse ivre, d’une folle intensité sensuelle sous les huit archets prophètes.

LE DISQUE DU JOUR

Georges Enesco (1881-1955)
Octuor à cordes en ut majeur, Op. 7
Felix Mendelssohn
Bartholdy
(1809-1847)
Octuor à cordes en mi bémol majeur majeur, Op. 20, MWV R20

Quatuor Ebène
Belcea Quartet

Un album du label Erato 5021732997296
Acheter l’album sur Amazon.fr ― Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : les deux Quatuors Ebène et Belcea sur la scène
du Carnegie Hall – Photo : © Stefan Cohen