Le plus physique des concertos du répertoire appelle naturellement la jeunesse, mais Raphaël Jouan, qui l’ose pour son premier disque, ne joue pas les athlètes. Son archet lyrique, les registres si différenciés, ses respirations larges enchantent un discours plus secret qu’à l’habitude.
Cela surprend dès l’entrée, qui refuse le grand geste pour mieux dire, et saisit avec un art certain l’embrasement qui suit. Comme ce violoncelle chante et dit tout ensemble, comment les Messins, si subtilement menés par David Reiland, au point que sa symphonie se fait chambriste, l’entourent de leurs commentaires et de leurs paysages, quelle belle surprise de redécouvrir un Concerto phare du répertoire revisité en pure poésie.
Le grand lied de l’Adagio refuse la sentimentalité pour mieux chanter dans l’ombre – comme cet archet baryton fera pour le Waldesruhe, moment magique qui referme le disque – mais aura-t-il les réserves de muscle pour le Finale ? Pris vif et dansé, il rayonne d’une énergie concentrée, sans jamais que le soliste quitte l’effervescence de l’orchestre.
Bravo !
LE DISQUE DU JOUR
Antonín Dvořák (1841-1904)
Concerto pour violoncelle et orchestre No. 2 en si mineur, Op. 104, B. 191
Rondo pour violoncelle et orchestre en sol mineur,
Op. 94, B. 181
Waldesruhe, Op. 68 No. 5 (version orchestrale, B. 182)
Raphaël Jouan, violoncelle
Orchestre national de Metz Grand Est
David Reiland, direction
Un album du label La Dolce Volta LDV 152
Acheter l’album sur le site du label La Dolce Volta
Photo à la une : le violoncelliste Raphaël Jouan –
Photo : © DR