Premiers sillons

Commencer chez Schumann, et par son opus le plus intime, le plus insaisissable, la grande Humoreske, Arielle Beck n’a pas froid aux yeux. Sa dilection pour Schumann s’entend aussi dans ses propres Variations sur un thème dont Brahms a aussi fait son miel, cycle qui la montre sous différents masques.

Toucher subtil, élégance des idées, palette nostalgique, Arielle Beck va au cœur de l’Humoreske dès la première page, ses mains tremblent un peu lorsque Schumann se fait plus exigeant pour ses moyens de jeune fille, quinze ans lorsqu’elle enregistre l’album, broutille !, c’est une musicienne poétique qui parle, particulièrement attentive aux polyphonies : on sent l’œil du compositeur.

Et Brahms ? Le sfumato du Capriccio qui ouvre l’Opus 76 est subtilement composé, les Intermezzos ont des pesées divines, tant de grâce et de sentiments font oublier le grand son qu’un Katchen, qu’un Kempff y ont osé, mais il faut entendre ici les premiers pas d’une artiste dont la musicalité reste la vertu cardinale, on la suivra !

LE DISQUE DU JOUR

Des lunes et des feux

Robert Schumann
(1810-1856)
Humoreske en si bémol
majeur, Op. 20

Johannes Brahms
(1833-1897)
8 Klavierstücke, Op. 76
Arielle Beck (née en 2009)
Variations sur un thème de
Robert Schumann

Arielle Beck, piano

Un album du label Mirare MIR 756
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Photo à la une : la pianiste Arielle Beck – Photo : © Julien Benhamou