Lorsque Frederick Stock commanda à William Walton une œuvre pour inaugurer la saison du cinquantième anniversaire de son Chicago Symphony Orchestra, s’attendait-il à la folle virtuosité de Scapino, huit minutes d’un orchestre persifleur inspiré par un dessin de Callot, où l’auteur de Façade aura confirmé sa maîtrise de la phalange symphonique. Un certain Bernard Herrmann s’en inspirera.
John Wilson emporte ce pur brio dans une furia qui s’admire d’abord pour sa clarté si parfaite : on entend tout, on jubile d’autant plus. Au centre de Scapino, un solo de violoncelle s’invite. Est-ce déjà Jonathan Aasgaard qui offrira ensuite une lecture ombreuse, lyrique de l’admirable Concerto pour violoncelle ? Sa sonorité boisée n’est pas sans rappeler celle du dédicataire, Gregor Piatigorsky.
Et la Première Symphonie, ses tornades, ses audaces post-sibeliennes ? John Wilson les dompte dans une lecture d’une précision fanatique, la prise de son de Ralph Couzens y aidant. Splendide, plus sombre que sous bien des baguettes, même si le LP RCA d’André Previn…
Serait-ce le début d’un nouveau cycle Walton ? Un premier volume autour du Concerto pour violon, m’avait échappé, j’y reviendrai !
LE DISQUE DU JOUR
Sir William Walton
(1902-1983)
Scapino. A Comedy Overture for Full Orchestra (version révisée, 1950)
Concerto pour violoncelle et orchestra ( version révisée, 1975)
Symphonie No. 1
Jonathan Aasgaard,
violoncelle
Sinfonia of London
John Wilson, direction
Un album du label CHSA 5328
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Photo à la une : le chef d’orchestre John Wilson –
Photo : © Warner Classics