Grande Première

Dans ses premières années discographiques pour Philips, Eliahu Inbal se dévoua à la cause des Symphonies de Schumann, gravant un intégrale avec le New Philharmonia pas assez repérée. L’entendre éclairer chaque détail de la Quatrième Symphonie sans relâcher un instant le drive sera pour beaucoup une révélation et pour ses détracteurs l’occasion de pointer en mal autant de vertus analytiques.

Plus inattendue, une ténébreuse Première Symphonie de Sibelius, tenue entre mystère et fièvre, sera la vraie révélation. Il semble que le chef israélien n’ait pas poursuivi dans les sagas du Finlandais, et c’est bien dommage, car il déromantise la Première Symphonie, la fait parente de Kullervo, narrations, contes, paysages, une toute grande version de l’œuvre qui évite les échos tchaïkovskiens, fait surgir à l’état brut cette syntaxe minérale qui aboutira au désert de glace de la Quatrième Symphonie. Remarquable.

LE DISQUE DU JOUR


Robert Schumann
(1810-1856)
Symphonie No. 4 en ré mineur, Op. 120 (version révisée, 1851)
Jean Sibelius (1865-1957)
Symphonie No. 1 en mi mineur, Op. 39*

Sinfonieorchester des Südwestfunks
*Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR
Eliahu Inbal, direction

Un album du label SWR Classic SWR19151CD
Acheter l’album sur le site de la boutique SWR ou sur Amazon.fr
Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : le chef d’orchestre Eliahu Inbal –
Photo : © Taipei Symphony Orchestra