Transparent

À mesure, Vladimir Jurowski dévoile son cycle Mahler, commencé con brio avec l’Orchestre de l’âge des Lumières par un fulgurant Totenfeier (il le refera pour le disque à Cologne), poursuivi avec ses Londoniens.

Captées en concert la Titan, les 2, 4 et 8 auront surpris en bien, mais pas autant qu’un Lied von der Erde berlinois (Pentatone, voir ici), dont l’ardeur faisait oublier les élégances un peu sages des apports londoniens : la Quatrième reste à ce jour le sommet de la série (voir ici).

Cette Neuvième tant attendue retrouve la réserve, la mise à distance du pathos, qui pourraient être autant de qualités. Pourtant ce contrôle asphyxie l’émotion, élime dans le génial Andante comodo l’impact tragique qui fascina tant Alban Berg, et refuse à l’Adagio de faire passer l’auditeur de l’autre côté du miroir.

J’écoute fasciné par la mise en place parfaite, la lecture d’une clarté laser, le fini des détails qui ne cède que dans les ländler du second mouvement, décidément assis.

Mais comme le Rondo file ! Quel mercure ailé jamais sardonique !, magnifique contre-sens qui dit tout d’une lecture souvent à la limite de la transparence.

LE DISQUE DU JOUR

Gustav Mahler (1860-1911)
Symphonie No. 9

London Philharmonic
Orchestra

Vladimir Jurowski, direction

Un album du label LPO Live
LPO-0139

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Photo à la une : le chef d’orchestre Vladimir Jurowski –
Photo : © Simon Pauly