Dissipons une méprise : l’éditeur annonce Franz Ignaz Beck alors que le second prénom de Beck est Xaver, probablement le fait d’und confusion avec l’autre Beck, Ignaz von Beecke, pianiste virtuose tout à fait indépendant de l’École de Mannheim dont son quasi homonyme fut l’un des plus téméraires représentants.
Sa vie rocambolesque – il fut contraint de fuir Venise avec la toute jeune élève (treize ans) qu’il avait un peu plus que séduite – le fixa en France où certaines de ses Symphonies, éditées à Paris, étaient déjà prisées par le public du Concert Spirituel.
Marseille, puis à compter de 1760 Bordeaux, l’accueillirent en lui offrant les meilleures conditions pour composer ses admirables Symphonies capricieuses, si proches de celles de Haydn, mais plus pimentées, moins soucieuses d’être classiques.
Le Maréchal de Richelieu lui confiera la direction de l’Opéra de Bordeaux. Étrangement, ce poste aussi prestigieux que pratique ne l’inclina guère vers la composition d’ouvrages lyriques : il avait mis tout son théâtre dans ses Symphonies, dont les Opus 3 et Opus 4 furent également édités à Paris.
Michael Schneider et ses Francfortois savent combien cet univers balance entre le souvenir de l’époque dorée de l’École de Mannheim et l’Aufklärung : sur ce fil subtil, ils magnifient ces douze Symphonies qui exercèrent une influence décisive sur la musique d’orchestre française de la nouvelle génération, celle des Gossec et autres Méhul, qui, comme Beck, surent se plier aux dictats du nouveau régime.
Mais en dehors de la page d’histoire, écoutez d’abord la qualité de ces musiques, et rangez-les à côté des Symphonies médianes de Haydn, elles en sont les sœurs jumelles.
LE DISQUE DU JOUR
Franz Ignaz Beck
(1734-1809)
6 Symphonies, Op. 3
6 Symphonies, Op. 4
Ouverture pour
« La mort d’Orphée »
Ouverture pour
« L’Île déserte »
Pandore, mélodrame en vers
(4 extraits)
La Stagione Frankfurt
Michael Schneider, direction
Un album du label CPO 555 809-2
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Photo à la une : les musiciens de l’ensemble La Stagione Frankfurt –
Photo : © DR