21 septembre 2008, Yannick Nézet-Séguin ose diriger, devant le public de Dresde qui y a vu et entendu Eugen Jochum puis tant d’autres, la Troisième Symphonie d’Anton Bruckner, probablement l’une de ses plus difficiles, en tous cas de ses moins offertes. Continuer la lecture de De la spiritualité
Tous les articles par Jean-Charles Hoffelé
La Hallenberg
Ann Hallenberg récidive chez les castrats. Après un album dédié à Marchesi, la voici qui endosse les costumes des personnages portés à la scène par Farinelli, mieux!, les fait paraître.
Car si, de pure technique, elle dame évidemment le pion à tous les contre-ténors qui auront tenté de ressusciter la légende de ce premier belcanto, la Suédoise donne à entendre les sentiments et à faire sentir les dilemmes, portant haut les mots (elle peut compter sur l’attention de Christophe Rousset, si présent aux textes), ornant d’abord des états d’âme.
C’est évident et sublimement fait pour les deux Haendel, Ruggiero et Almirena sont devant vous, mais tout aussi vrai pour le Dario de l’Idaspe de Broschi dont les lignes éperdues et interminables sont comme infiniment portées : elle chante d’un violon, d’un hautbois, jamais le souffle ne lui manque, ni la couleur, pas plus l’expression.
Juste dans l’Alto Giove de Porpora lui fait défaut cette grâce supplémentaire que produit l’effort, le quasi sacrifice, chez ses collègues masculins : tout lui semble si aisé. La preuve avec l’aria de tempête qui ouvre l’album. Ce chant dardé, brillant, mordant et souple est un miracle, et tout cela live, of course ! Refermant ce collier de perles, je me dis qu’ensemble, ils devraient bien penser à nous offrir un album Vivaldi.
LE DISQUE DU JOUR
Farinelli
A Portrait
Live in Bergen
Œuvres de Haendel,
R. Broschi, Giacomelli,
Porpora, Hasse, Leo
Ann Hallenberg,
mezzo-soprano
Les Talens Lyriques
Christophe Rousset, direction
Un album du label Aparté AP117
Acheter l’album sur le site du label Aparté Music ou sur Amazon.fr – Télécharger l’album en haute-définition sur Qobuz.com
Photo à la une : © DR
Le temps des Saisons
La traduction est poétique. Tchaïkovski intitula la suite d’épigraphes lyriques qu’il composa entre décembre 1875 et novembre 1876 « Les Mois », mais c’est bien le rythme des saisons qui s’y fait entendre Continuer la lecture de Le temps des Saisons
Paris, fin de siècle
On ne le sait plus assez, mais le paysage musical parisien à la fin du XIXe siècle était d’une variété et d’une complexité assez inouïe. Si le théâtre lyrique avait fait la fortune du Paris des Romantiques, le Paris de Baudelaire et de Verlaine, celui des Saturniens et des Parnassiens avait son équivalent en musique. Pléthore de compositeurs écrivaient des pièces libres pour les nombreux concerts des salons ou des sociétés de musique. Continuer la lecture de Paris, fin de siècle
Catalogne
Insaisissable Federico Mompou. En regroupant quatre opus majeurs de son œuvre de piano, Alessandro Deljavan va au cœur de son univers raréfié, d’un toucher pudique, creusant les nuances piano. C’est merveille pour des Cançons i danses où le rêve l’emporte sur la danse Continuer la lecture de Catalogne