Archives par mot-clé : Robert Schumann

Le Poète chante

Trahi au long des années soixante-dix par des prises de son qui ne voulaient pas capturer les mystères de sa sonorité, Radu Lupu parvint tout de même à transmettre une part de son art sous étiquette Decca : sa sonorité si belle, même amoindrie Continuer la lecture de Le Poète chante

Son Concerto ?

Le Concerto pour piano de Schumann fut au centre du répertoire concertant de Maurizio Pollini, surtout au cours des années 1970. Le disque le documentera plus tard, dans l’accompagnement admiratif des Berliner Philharmoniker et de Claudio Abbado, le disque aidant un souci un peu extrême de la perfection. Continuer la lecture de Son Concerto ?

Samson tel qu’en lui-même

Courrez, au risque d’être décontenancé, aux deux Etudes transcendantes de Liszt captées par Radio Genève en 1949 : Samson François les dévore d’un feu sombre, sans crainte des notes qui tomberont à côté du clavier, et d’autres absolument incertaines. Continuer la lecture de Samson tel qu’en lui-même

Sans voix

Sans voix, mais pas sans mots ! S’appropriant dix Lieder de Schumann, et onze de Brahms, Raphaël Sévère a bien pris garde de ne pas les enfermer dans une notion strictement instrumentale.

Pour Brahms, c’est l’évidence : la clarinette est l’instrument de son crépuscule, elle donne une teinte nostalgique que feutre le piano irréel d’Adam Laloum. Cette part sous l’abat-jour est à peine troublée par le geste plus capricieux du onzième des Zigeunerlieder, un peu trop timidement rendu, mais quelle merveille ensuite que le ruban dénoué du Mädchenlied.

Chez Schumann, le pari est plus délicat, la clarinette lisse un peu trop ce qui ressort du chant parlando, et cela s’entend dès l’adresse de Widmung, mais la poésie compense, l’alliage si amoureusement noué du souffle et du clavier (sans un marteau, on dirait une onde) fascine souvent.

En coda, tout un autre monde, celui de Tristan et Isolde : les trois Wesendonk-Lieder choisis, sur les portées de l’orchestre, ne se prêtaient pas d’évidence à ce qui serait, de facto, une réduction, mais Raphaël Sévère contourne l’écueil et chante façon Brangäne, mezzo long, ombré, voluptueux et triste à la fois, dont le clavier lacustre d’Adam Laloum prolonge les rêves.

LE DISQUE DU JOUR

Sing

Robert Schumann
(1810-1856)
Myrthen, Op. 25 (3 extraits :
No. 1. Widmung ; No. 6. Setze mir nicht ; No. 7. Die Lotosblume)

Minnespiel, Op. 101 (extrait : No. 4. Mein schöner Stern!)
Dichterliebe, Op. 48 (2 extraits : No. 8. Und wüssten’s die Blumen ; No. 10. Hör’ ich das Liedchen klingen)
12 Gedichte, Op. 35 (extrait : No. 10. Stille Tränen)
Liederkreis, Op. 39 (3 extraits : No. 2. Intermezzo ; No. 5. Mondnacht ;
No. 12. Frühlingsnacht)

Johannes Brahms (1833-1897)
4 Gesänge, Op. 43 (extrait : No. 2. Die Mainacht)
5 Lieder, Op. 49 (extrait : No. 4. Wiegenlied)
9 Lieder und Gesänge, Op. 63 (extrait : No. 5. Meine Liebe ist grün)
4 Gesänge, Op. 70 (extrait : No. 2. Lerchengesang)
5 Lieder, Op. 94 (extrait : No. 4. Sapphische Ode)
Zigeunerlieder, Op. 103 (3 extraits : No. 6. Röslein dreie in der Reihe ;
No. 7. Kommt dir manchmal in den Sinn ; No. 11. Rote Abendwolken ziehn)

5 Lieder, Op. 105 (2 extraits : No. 1. Wie Melodien zieht es mir ;
No. 2. Immer leiser wird mein Schlummer)

5 Lieder, Op. 106 (extrait : No. 4. Meine Lieder)
5 Lieder, Op. 107 (2 extraits : No. 3. Das Mädchen spricht ; No. 5. Mädchenlied)

Richard Wagner (1813-1883)
Wesendonck-Lieder, WWV 91 (3 extraits : No. 1. Der Engel ; No. 4. Schmerzen ; No. 5. Träume)

Raphaël Sévère, clarinette
Adam Laloum, piano

Un album du label harmonia mundi HMM 902746
Acheter l’album sur le site du label harmonia mundi ou sur Amazon.fr ― Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : le pianiste Adam Laloum et le clarinettiste
Raphaël Sévère – Photo : © DR