Sous étiquette jaune, et voici bien dix ans, les premiers pas de Jan Lisiecki furent pour Mozart. Christian Zacharias l’y adoubait dans les 20e et 21eme Concertos, entrée magique du nouveau petit prince du piano dans le monde du disque. J’ai suivi régulièrement ses albums, souvent discutés en mal par mes confrères, mais toujours séduit par l’élégance lumineuse d’un jeu que d’aucuns auraient souhaité plus osé, voir plus athlétique.
Eh bien ! qu’ils écoutent donc un peu le Finale du Jeunehomme, si vif, osant tout un théâtre assez Nozze di Figaro.
Une telle animation régale Manfred Honeck, ses Bamberger Symphoniker se prennent au jeu, déjà l’Allegro initial déployait des décors sonores rarement entendus à ce point d’éclat, autant chez le pianiste d’ailleurs qu’à l’orchestre. Puis au centre du Rondeau, c’est Chérubin qui dit son poème à La Comtesse. Magnifique Jeunehomme, qui devrait en dérider certains.
Entendront-ils aussi le geste plus réservé de Lisiecki dans le 22e, cette façon de traquer la poésie jusque dans les grandes lignes dont Manfred Honeck n’est pas avare, de faire entendre derrière les décors ces jardins nocturnes, ce « plus sombre » et un peu nostalgique que Wanda Landowska y entendait ?
L’Allegro final, qui ne dit pas son vrai nom de rondeau est d’un cristal imparable, avec en son centre cette petite sérénade nocturne si sélène ici, refermant un si beau disque où en Mozart le jeune homme a trouvé ses alter ego avec les Bamberger et Manfred Honeck, il ne faut pas qu’ils en restent là !
LE DISQUE DU JOUR
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour piano et orchestre No 9 en mi bémol majeur, K. 271
Concerto pour piano et orchestre No. 22 en mi bémol majeur, K. 482
Jan Lisiecki, piano
Bamberger Symphoniker
Manfred Honeck, direction
Un album du label Deutsche Grammophon 4868410
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Photo à la une : le pianiste Jan Lisiecki – Photo : © Ksawery Zamoyski