Je crois que le projet a fait long feu. Signant chez EMI (devenu Warner/Erato), Diana Damrau avait mis une condition à l’exclusivité : qu’elle put graver tout un récital Meyerbeer, ce qui, de mémoire de discophile Continuer la lecture de Le rêve de Meyerbeer
Tous les articles par Jean-Charles Hoffelé
Contraste
La grande Sonate que Tchaïkovski acheva en avril 1878 souffre d’un premier mouvement plein d’effets de marche qui souvent sonne(nt) creux. Sviatoslav Richter y peignait un orchestre Continuer la lecture de Contraste
La voix du rêve
Sena Jurinac fut d’abord de fabuleux personnages d’opéra, de Chérubin à Desdemona en passant par Fordiligi ou La Maréchale même si elle restera toujours pour moi Cherubino. Si vivante en scène, avec ce chant où les mots sont toujours à fleur de lèvres, même lorsqu’elle s’adonnait au récital de lieder.
Le disque n’a guère documenté cette part de son art ; en son glorieux automne, BASF lui offrira tout un récital Brahms dont l’élan restait magnifique, Fritz Busch lui fera enregistrer très tôt les Vier letzte Lieder, version où même le soleil a des ombres, inoubliable, mais la perle absolue est ce doublé Schumann pour les micros de Westminster en juin 1954.
Le piano modeste de Franz Holetschek s’accorde au fond parfaitement à l’humilité de ce Frauenliebe und -leben qui n’est qu’une prière fervente, moins peut-être au ton visionnaire, au théâtre qu’elle convoque dans le Liederkreis Op. 39, cette Lorelei, ce Clair de lune ne s’oublient plus une fois entendus, perfection du mot dans la note, transparence de l’émotion, et cette voix du bon Dieu, si longue dans son ambre.
Retrouver tout cela, réédité avec art d’après un très bon microsillon – le tirage du disque Westminster qui ajoutait les magies du Tramonto respighien ne s’est que très fugitivement trouvé et sonnait un rien sec (bien que disponible maintenant au téléchargement) – est une aubaine. Si vous ne connaissez pas ce diamant, courrez-y !
LE DISQUE DU JOUR
Robert Schumann (1810-1856)
Frauenliebe und -leben, Op. 42
Liederkreis, Op. 39
Sena Jurinac, soprano
Franz Holetschek, piano
Un album du label Hännssler/Profil PH17042
Acheter l’album sur le site www.uvmdistribution.com, ou sur Amazon.fr
Photo à la une : © DR
Fascination
Ah ! Si les clavecinistes avaient pu prévoir que l’opus favori des pianistes, débutant au disque, serait les Goldberg ! Le génie de Glenn Gould les aura probablement inspirés, penseront-ils Continuer la lecture de Fascination
Falstaff de poche
En 1924, Gustav Holst eut la bonne idée de se risquer lui aussi à écrire son Falstaff. Il le prit tout entier dans la première partie d’Henry IV, lors de la scène à la taverne « At the Boar’s Head » (« À la tête de cochon ») : après que Falstaff ait raconté avoir été détroussé par une armada de voleurs, le Prince Hall Continuer la lecture de Falstaff de poche