Voici peu François Mardirossian consacrait un éclairant double album aux « Satistes » (voir ici). Celui qui s’imaginait sans postérité serait étonné de se voir aujourd’hui dans tant d’échos. Continuer la lecture de Transatlantique
Archives de catégorie : Discophilia. Les chroniques de Jean-Charles Hoffelé
Jean-Charles Hoffelé nous raconte ses écoutes, ses coups de coeur, ses déambulations dans la grande histoire de l’enregistrement du disque classique
Violon de Guerre
Il y a du Ravel dans l’admirable début de la Sonate que Marguerite Canal composa en 1922, alors que les horreurs de la Grande Guerre n’étaient pas effacées. Œuvre vocale Continuer la lecture de Violon de Guerre
Schmidt-Isserstedt, tout d’un grand
À quoi tient le destin de certains musiciens dans la jungle de l’édition phonographique. Une belle moisson de 78 tours, majoritairement sous étiquette Telefunken, avait assuré au style impeccable et à la direction de grand caractère de ce Berlinois Continuer la lecture de Schmidt-Isserstedt, tout d’un grand
Cherkassky jeune homme
On l’oublie trop, Shura Cherkassky, qui connut pour les discophiles une seconde carrière à l’orée de ses quatre-vingts ans lorsque Nimbus l’enregistra, révélant l’ardeur inaltérée de son jeu Continuer la lecture de Cherkassky jeune homme
Circé
La résurrection longtemps attendue de l’unique opéra de Leclair aura aussi signé un enregistrement, éprouvé en scène à l’Opéra de Lyon qui devait rester inégalé. Sir John Eliot Gardiner en ardait l’incroyable audace de l’orchestre, saisissant d’abord la puissance dramatique propre au genre de la tragédie. Depuis, Sébastien d’Hérin, Stefan Plewniak surtout, doté d’une éblouissante distribution (voir ici), auront relevé le gant.
Mais les splendeurs de l’ouvrage, sa singulière puissance semblaient tailler sur mesure à l’art si fulgurant que György Vashegyi aura mis à tant d’exemples de la tragédie lyrique tardive. Contre toute attente il se garde de l’intensité dramatique qu’y osaient Gardiner et Plewniak, est-ce la prise de son un peu lointaine de l’orchestre, qui semble perdu dans la grande salle de l’Académie Franz Liszt ?
Bémol qui s’oublie vite devant le plus accompli trio qu’ait connu l’ouvrage depuis Gardiner, Glaucus tendre, torturé, élégiaque et brisé selon le haut ténor de Cyrille Dubois (que j’entends plus ému que l’excellent Mathias Vidal, et moins poseur qu’Howard Crook), Scylla expressive et si bien chantante de Judith van Wanroij, tous deux cédant pourtant le pas devant Circé.
La magicienne, où jusque dans la vocalité semble passer le souvenir de la Médée de Lully, était à jamais, du moins je le croyais, Rachel Yakar. Véronique Gens l’égale, dangereuse, blessée, sensuelle jusque dans la fureur, il faut l’entendre tout au long du quatrième acte, historique simplement. Elle suffirait à elle seule pour commander la possession de ce quatrième enregistrement d’un chef-d’œuvre où Leclair s’élevait aux hauteurs que Rameau avait atteintes dans sa seconde mouture de Dardanus une année auparavant.
LE DISQUE DU JOUR
Jean-Marie Leclair
(1697-1764)
Scylla et Glaucus, Op. 11
Judith van Wanroij,
soprano (Scylla)
Cyrille Dubois,
ténor (Glaucus)
Véronique Gens, soprano (Circé)
Jehanne Amzal, soprano (L’Amour, Témire, Une bergère, Une Sicilienne)
Hasnaa Bennani, soprano (Vénus, Dorine)
David Witczak, baryton (Le Chef des Peuples, Hécate, Un sylvain)
József Gál, ténor (Premier Propétide, Un berger)
Márton Komáromi, baryton (Deuxième Propétide)
Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction
Un album de 3 CD du label Glossa GCD924015
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Photo à la une : © DR