Archives par mot-clé : György Vashegyi

Le réveil d’Aurore

Charles Silver l’aura espéré en vain : Paris ne verra pas sa Belle au bois dormant, jalousie probable des autorités des scènes de la capitale devant sa création à l’Opéra de Marseille où elle remporta un franc succès. Continuer la lecture de Le réveil d’Aurore

Rareté

Quel destin pour la tragédie lyrique après Rameau ? La révolution Gluck allait survenir, mais Mondonville, La Borde, Le Moyne, Montéclair et quelques autres n’ont pas encore cassé le moule Continuer la lecture de Rareté

Le dilemme de Pollux

Samson, où Voltaire avait mis sa plume, restait inachevé, il fallait un nouveau sujet pour attiser l’inspiration de Rameau, ce sera la tragédie de Castor et Pollux que seul Antoine Danchet avait utilisé pour ses Tyndarides. Continuer la lecture de Le dilemme de Pollux

Circé

La résurrection longtemps attendue de l’unique opéra de Leclair aura aussi signé un enregistrement, éprouvé en scène à l’Opéra de Lyon qui devait rester inégalé. Sir John Eliot Gardiner en ardait l’incroyable audace de l’orchestre, saisissant d’abord la puissance dramatique propre au genre de la tragédie. Depuis, Sébastien d’Hérin, Stefan Plewniak surtout, doté d’une éblouissante distribution (voir ici), auront relevé le gant.

Mais les splendeurs de l’ouvrage, sa singulière puissance semblaient tailler sur mesure à l’art si fulgurant que György Vashegyi aura mis à tant d’exemples de la tragédie lyrique tardive. Contre toute attente il se garde de l’intensité dramatique qu’y osaient Gardiner et Plewniak, est-ce la prise de son un peu lointaine de l’orchestre, qui semble perdu dans la grande salle de l’Académie Franz Liszt ?

Bémol qui s’oublie vite devant le plus accompli trio qu’ait connu l’ouvrage depuis Gardiner, Glaucus tendre, torturé, élégiaque et brisé selon le haut ténor de Cyrille Dubois (que j’entends plus ému que l’excellent Mathias Vidal, et moins poseur qu’Howard Crook), Scylla expressive et si bien chantante de Judith van Wanroij, tous deux cédant pourtant le pas devant Circé.

La magicienne, où jusque dans la vocalité semble passer le souvenir de la Médée de Lully, était à jamais, du moins je le croyais, Rachel Yakar. Véronique Gens l’égale, dangereuse, blessée, sensuelle jusque dans la fureur, il faut l’entendre tout au long du quatrième acte, historique simplement. Elle suffirait à elle seule pour commander la possession de ce quatrième enregistrement d’un chef-d’œuvre où Leclair s’élevait aux hauteurs que Rameau avait atteintes dans sa seconde mouture de Dardanus une année auparavant.

LE DISQUE DU JOUR

Jean-Marie Leclair
(1697-1764)
Scylla et Glaucus, Op. 11

Judith van Wanroij,
soprano (Scylla)
Cyrille Dubois,
ténor (Glaucus)
Véronique Gens, soprano (Circé)

Jehanne Amzal, soprano (L’Amour, Témire, Une bergère, Une Sicilienne)
Hasnaa Bennani, soprano (Vénus, Dorine)
David Witczak, baryton (Le Chef des Peuples, Hécate, Un sylvain)
József Gál, ténor (Premier Propétide, Un berger)
Márton Komáromi, baryton (Deuxième Propétide)

Purcell Choir
Orfeo Orchestra
György Vashegyi, direction

Un album de 3 CD du label Glossa GCD924015
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Photo à la une : © DR