Eclaircie ?

Revenu en santé à l’été 1825, Schubert fit un petit voyage champêtre, quittant Vienne. Une embellie vraiment ? L’année 1826, abondamment illustrée ici, apporte bien des bémols : ce qu’aura libéré la parenthèse enchantée de l’été précédent sera une liberté supplémentaire dans l’inspiration, l’audace d’oser – au piano comme pour le chanteur – des modulations plus étranges, l’alpha d’une ouverture vers les futurs paysages visionnaires des deux dernières années.

Samuel Hasselhorn, dont le timbre se durcit à mesure des volumes, en rend compte avec toute sa subtilité, débusquant le ton de fausse sérénade d’Alinde, rendant amer le pas du promeneur sous la lune, faisant même sonner étrange Um Mitternacht. L’accord avec Ammiel Bushakevitz est toujours aussi magique : son piano semble émaner de la voix du baryton.

Et l’éclaircie ? Seul An Silvia, prestement enlevé, l’évoque, mais à peine…

LE DISQUE DU JOUR

Schubert 200
Volume 3 (1825/26)
Hoffnung

Franz Schubert (1797-1828)
Im Freien, D. 880
Sehnsucht, D. 879
Über Wildemann, D. 884
Alinde, D. 904
An Silvia, D. 891
O Quell, was strömst du rasch und wild, D. 874
Im Jänner 1817, D. 876
An die Laute, D. 905
Fischerweise, D. 881
Im Frühling, D. 882
Der Wanderer an der Mond, D. 870
Das Zügenglöcklein, D. 871
Totengräberweise, D. 869
Ständchen, D. 889
Lebensmut, D. 883
Trinklied, D. 888
Am Fenster, D. 878
Wiegenlied, D. 867
Um Mitternacht, D. 862
Der Vater mit dem Kind, D. 906

Samuel Hasselhorn, baryton
Ammiel Bushakevitz, piano

Un album du label harmonia mundi HMM 902779
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Photo à la une : le baryton Samuel Hasselhorn – Photo : © Uwe Arens