Sonates retrouvées

Charles de La Ferté n’est pas un inconnu, et ses Sonates (publiées chez Ballard en 1707) ne sont plus oubliées depuis qu’en 2006 La Virtuosa Compagnia di Musici di Roma les a enregistrées, desservie par une mauvaise prise de son (Da Vinci Classics). En les dédiant dans une belle dédicace au Duc d’Orléans, La Ferté rejoignait le cercle fermé des musiciens qui autour du Régent importaient le style italien.

Les Sonates sont magnifiques, regorgent de mélodies expressives, brillent de rythmes et d’élans, au point qu’elles forment un cahier majeur de la nouvelle littérature de violon qui trouvera son apogée chez Jean-Marie Leclair.

Qu’elles soient si peu courues par les violonistes aujourd’hui reste un mystère, tant leurs charmes, leur vivacité, leurs danses et leurs arias qui se pimentent parfois de traits populaires et rappellent la virtuosité des violonistes italiens qui enchantaient plus encore les salons de Londres que ceux de Paris, séduisent immanquablement.

Paulo Castrillo fait chanter son violon aux teintes profondes (une copie d’un Guadagnini réalisée par Jean-Jacques Debeaumarché), magnifiant les inventions de ces Sonates à danser qui ne visent qu’au plaisir ; Manon Chapelle et Nicolas Mackowiak font la fête sonore, rendant justice à un opus qui ne doit plus être oublié.

LE DISQUE DU JOUR

Charles de La Ferté
(1666-1746)
Premier Livre de Sonates
pour le violon et la basse
(12 Sonates)

Ensemble La Ferté
Paulo Castrillo, violon
Manon Chapelle, viole de gambe
Nicolas Mackowiak, clavecin, orgue

Un album du label Paraty 2025010
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Photo à la une : les musiciens de l’Ensemble La Ferté – Photo : © DR