Princesse de Contes de fées

Le cycle, merveilleuse féérie sensuelle griffonnée sur des vers aphoristiques de sa sœur Zofia, comme en prémices du Roi Roger dont elle annonce les échos byzantins, n’a pas été entièrement orchestré par Szymanowski qui se limita à trois des sept mélodies. Bruno Dozza revêtit d’orchestre les quatre autres en 2012, faisant sa plume invisible.

Là où régnaient les coloratures, le cycle au complet demandait une voix plus assise : Iwona Sobotka assume crânement les vocalises sélènes ou solaires, mais saisit avec son instrument plus ample les sombres échos.

Giancarlo Guerrero, versé dans les répertoires peu courus, dispense avec art l’érotisme du cycle, comme les paysages imaginaires qui emplissent de visions mystiques la Troisième Symphonie. Assurément belle et pleine comme une miniature persane, la partition a enfin retrouvé une soprano qui peut y faire oublier le ténor souhaité par le compositeur, Iwona Sobotka dardant ses aigus, dorant d’érotisme les mots, merveille plus entendue ici depuis Stefania Woytowicz, et entourée par un chœur autrement évocateur.

Le disque s’ouvre littéralement sur un autre monde : comment l’Ouverture de concert pourrait-elle annoncer les voies lactées à venir ? Giancarlo Guerrero le sait bien, qui en fait flamboyer les élans straussiens.

LE DISQUE DU JOUR

Karol Szymanowski
(1882-1937)
Ouverture de concert en mi majeur, Op. 12
Chansons de la Princesse de contes de fées, Op. 31 (version pour soprano et orchestre : Szymanowski et Bruno Dozza)
Symphonie No. 3,
pour soprano, chœur et orchestre,
Op. 27 « Le Chant de la nuit »

Iwona Sobotka, soprano
Chœur NFM
NFM Philharmonique de Wrocław
Giancarlo Guerrero, direction

Un album du label Accord NIFM 89 ACD 315
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Photo à la une : la soprano polonaise Iwona Sobotka – Photo : © Łukasz Rajchert