Retour à Schumann

On ne l’a guère su en France, mais les débuts au disque de Dasol Kim se firent chez Schumann, et sous l’étiquette jaune pour la seule Corée : Arabeske, Humoreske, Kreisleriana, disque parfait qu’Aparté serait bien inspiré d’éditer pour l’Europe.

Le jeune homme y célébrait ses affinités électives avec l’univers Schumann. Ses Waldszenen jouées comme un conte noir les confirment. Pour Dasol Kim, la part sombre du compositeur du Carnaval est omniprésente jusque dans l’Opus 9, tenu loin des exubérances, des fantaisies, du lyrisme même : en rien une suite de pièces de caractère, mais un récit tour à tour inquiet ou fulgurant, et si cela doit être à toute fin un carnaval, alors plutôt Ensor.

On se doute que les Geistervariationen, ce presque-rien arraché aux fantômes, sonnent sous ses doigts comme venues d’un autre monde, et elles le sont en effet, nuit et brouillard, si intiment comprises et rendues.

Le pianiste, évidemment, est souverain, l’un des maîtres de la nouvelle génération, mais le musicien fascine plus encore ; écoutez seulement son Oiseau prophète. On le dit lancé aujourd’hui dans des marathons Beethoven, espérons qu’un label captera les trente-deux Sonates sur le beau Steinway de la Radio Bavaroise qui sonne ici si bien capté par Christiane Voitz.

LE DISQUE DU JOUR

Robert Schumann
(1810-1856)
Waldszenen, Op. 82
Carnaval, Op. 9
Geister-Variationen,
WoO 24

Dasol Kim, piano

Un album du label Aparté AP419
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Photo à la une : le pianiste Dasol Kim – Photo : © DR