Daniel Barenboim, s’emparant de la baguette du chef d’orchestre, savait déjà son compositeur d’élection : Anton Bruckner. Otto Klemperer lui avait montré la voie, His Master’s Voice lui demandant avec l’orchestre même de son mentor Continuer la lecture de Son univers
Tactus
Une des clefs du secret Sibelius demeure dans la maîtrise du temps. Nicholas Collon l’a bien compris : il préfère aux barres de mesure les lignes claires qui sont l’armature fluide de l’univers sonore de Sibelius.
Il ne pressera rien, laissera le temps emplir l’harmonie : l’Allegro molto final de la Cinquième Symphonie devient un paysage qui ne cesse de s’élargir, on croirait du Bruckner si les couleurs blanches des Finlandais n’ajoutaient cette nuance nostalgique, ce goût de crépuscule.
Swanwhite devient, regardé dans ses moindres détails, une merveille de poésie, harpe magique, pensées étranges qui assaillent le Prince seul, duo amoroso, empli de galanteries du Prince et de la Jeune fille, Nicholas Collon donne au symbolisme de la pièce de Strindberg une couleur assez Maeterlinck.
Entracte bienvenu, deux cahiers de petites pièces pour violon et orchestre, Sérénades enjouées ou capricieuses, mélodie sensuelle (ce Cantique est d’amour) ou prière douloureuse, le violon de Christian Tetzlaff dit tout de ces pièces dont tant n’auront qu’effleuré la surface, l’orchestre dont le sertit Nicholas Collon élargissant le cadre.
LE DISQUE DU JOUR
Jean Sibelius (1865-1957)
Symphonie No. 5 en
mi bémol majeur, Op. 82
2 Sérénades pour violon et
orchestre, Op. 69
2 Pièces pour violon et
orchestre, Op. 77
Blanc de cygne (Svanevit) – Suite, Op. 54a
Christian Tetzlaff, violon
Orchestre Symphonique de la Radio finlandaise
Nicholas Collon, direction
Un album du label Ondine ODE 1468-2
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Photo à la une : le chef d’orchestre Nicholas Collon –
Photo : © Jim Hinson
Petit bijou
La postérité n’aura retenu que le versant sombre d’Ambroise Thomas, son génie culminant dans Mignon, Hamlet, chefs-d’œuvre qu’on craignit d’oublier mais qui furent pleinement retrouvés depuis la fin du siècle passé. Continuer la lecture de Petit bijou
Les deux chanteurs
Surprise !, le disque s’ouvre sur l’Introduction et Polonaise brillante que Truls Mørk transforme en air d’opéra, avec cabalette : la Polonaise est irrésistible sous cet archet qui semble chanter de mots. Continuer la lecture de Les deux chanteurs
Lyrique
Leila Schayegh avait posé un nouveau modèle pour les Concertos de Leclair : tout un théâtre de sentiments, un espressivo continuel que sa virtuosité animait d’une fantaisie assez incroyable. C’était peut-être faire un peu trop Leclair répondant à Vivaldi, ce qui pour les six Concertos de l’Opus 7 s’entendait, moins pour les six de l’Opus 10.
D’ailleurs, Stéphanie-Marie Degand inverse l’ordre, commençant par le second cahier. Son archet ample, altier, serein n’appuie pas les italianismes, sa virtuosité est invisible, qui triomphe sans une goutte de sueur des triples cordes, des vertigineuses chanterelles, mais ce qui surprend l’oreille est d’abord le chant déployé dans les Arias, les Largos, c’est le Leclair de Scylla et Glaucus, le génie lyrique qui s’invite soudain, donnant aux Concertos un ton plus français.
Les Allegros n’oublient pas la danse, le nuancier de La Diane Française offrant des arrière-plans aux perspectives inédites. Elles ne sont pas des décors, mais participent de cette poétique qui cherche sans cesse la veine lyrique que cet archet souvent profond sonde avec des ressources expressives sans jamais ne rien souligner en particulier. Il semble que l’équilibre miraculeux réussi par Monica Huggett pour seulement quatre Concertos (Hypérion) soit ici retrouvé ; écoutez seulement !
LE DISQUE DU JOUR
Jean-Marie Leclair
(1697-1764)
6 Concertos pour violon, cordes et basse continue,
Op. 10
6 Concertos pour violon, cordes et basse continue,
Op. 7
Stéphanie-Marie Degand, violon, direction
La Diane Française
Un coffret de 3 CD du label NoMadMusic NMM122
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Photo à la une : la violoniste Stéphanie-Marie Degand –
Photo : © NoMadMusic