Classique

Ce Carnaval romain sans furia en déconcertera plus d’un. On est loin de Charles Munch, et même d’André Cluytens. Rafael Payare sacrifie l’effet pour mieux faire entendre les audaces berlioziennes, ce qui vaudra aussi pour une Fantastique délivrée de tout excès.

La pureté du Bal, l’élégance de la Scène aus champs plus tableau que nature, les subtilités sans opium de Rêveries – Passions vont comme un gant à cette conception distanciée, la précision du geste délivrant avec un naturel éclairant les sortilèges de cet orchestre réinventé.

La révolution Berlioz serait complète si Rafael Payare osait plus dans la Marche, dans le Songe d’une nuit de sabbat surtout, mais non, il reste fidèle à son optique, tenant les Montréalais, leur imposant de jouer sans rien déboutonner, refusant aux cuivres et aux bois la moindre âpreté expressionniste, signifiant qu’à ses yeux Berlioz est, par anticipation, ce Classique des futurs Modernes, angle de vue inédit qui mérite d’être connu.

LE DISQUE DU JOUR

Hector Berlioz (1803-1869)
Le Carnaval romain,
Op. 9, H. 95

Symphonie fantastique,
Op. 14, H. 48

Orchestre Symphonique
de Montréal

Rafael Payare, direction

Un album du label Pentatone PTC 5187413
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Photo à la une : le chef d’orchestre Rafael Payare –
Photo : © Catherine Deslauriers