Affinités électives

Tous le savent, depuis certaines Variations Goldberg, Cédric Pescia a prouvé qu’il était chez lui dans l’intimité de Bach. Ses Suites françaises, longtemps retenues, prouvent qu’il a eu raison d’attendre : le sillage ouvert par son fabuleux Clavier bien tempéré (et plus encore le Livre I, voir ici) est assez profond pour que ces Suites s’y coulent dans la même veine.

Le raffinement et l’à-propos des ornementations évitent le bavardage à force d’invention, le chant n’oublie pas la danse ; dans une écriture plus codifiée que celle du Clavier bien tempéré, il invite une fantaisie et aussi une poésie – les Allemandes, celle de la Quatrième Suite, si touchante dans son désincarné – qui tirent sans cesse l’oreille.

La longueur du Steinway dans les dolce, ses registres qui laissent chanter les polyphonies dans des équilibres d’une fluidité permise par ce toucher rond, alla Gieseking, les couleurs et les accents, si subtilement distribués, tout respire ici avec ce naturel qui saisit mieux que la lettre de Bach, son esprit, au point d’oublier clavecins et clavicordes.

Cette métamorphose est d’un poète qui ne doit pas tarder à nous offrir les plus françaises des Suites de Bach : les Suites anglaises !

LE DISQUE DU JOUR

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Les 6 Suites françaises (Intégrale)

No. 3 en si mineur, BWV 814
No. 6 en mi majeur, BWV 817
No. 1 en ré mineur, BWV 812
No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815
No. 2 en ut mineur, BWV 813
No. 5 en sol majeur, BWV 816

Cédric Pescia, piano

Un album de 2 CD du label La Dolce Volta LDV 130.1
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Photo à la une : le pianiste Cédric Pescia –
Photo : © Uwe Neumann