Vyacheslav Gryaznov invite Fred Astaire dans sa Rhapsody in Blue : adieux le brio motoriste de Jesús María Sanromá (cf. ici), adieux le lyrisme incandescent d’Oscar Levant, le pianiste russe déploie un clavier chorégraphique, Wayne Marshall l’aidant à pimenter les danses d’inspiration cubaine, comme la poésie urbaine des pages plus rêvées, faisant du chef-d’œuvre de Gershwin une « Rhapsodie des Amériques ».
Autant dire qu’il renouvelle le sujet, et qui l’étend en s’invitant chez Gershwin, cédant à son tropisme d’arrangeur, composant à la suggestion de Nikolai Petrov une grande Rhapsody en trois mouvements reprenant les thèmes de Porgy and Bess, plutôt un concerto-symphonie assez fabuleux, avec un orchestre assez West Coast – on songe souvent à Stan Kenton.
Les grincheux renâcleront, moi j’adore, la fantaisie, le brio sentimental, l’habileté du tissage des thèmes, les pincées d’humour, l’imagination chatoyante qui donnent envie de se replonger dans l’opéra de Gershwin pour mieux revenir ici savourer cette appropriation heureuse dont le pianisme étincelant de Vyacheslav Gryaznov se régale sans fausse pudeur.
LE DISQUE DU JOUR
George Gershwin
(1898-1937)
Rhapsody in Blue
Vyacheslav Gryaznov
(né en 1982)
Rhapsody in Black (on themes from “Porgy and Bess”)
Vyacheslav Gryaznov, piano
ORF Radio-Symphonieorchester Wien
Wayne Marshall, direction
Un album du label Aparté AP418
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Photo à la une : le pianiste et compositeur Vyacheslav Gryaznov –
Photo : © Bob Handelman
