On passera sur le titre téléphoné de l’album et sur une version d’Après une lecture du Dante crânement affrontée sans pourtant convaincre absolument. Il lui manque l’audace pour ce vrai voyage chez Dante plutôt que chez Victor Hugo qu’imaginait Claudio Arrau. Stella Almondo en a pourtant les moyens, mais elle reste comme à distance du brasier, chantant au contraire avec art l’épisode lyrique, et l’étendant dans ces pianissimos colorés dont elle a le secret.
A demi donc, et dans ce demi en retrait également, l’Ave Maria, le Sonnet, le Liebeslied et la troisième Consolation.
Mais cette Méphisto-Valse soufrée au possible, purement diabolique, cet Erlkönig où elle anime les trois personnages de ce conte noir, colorant, registrant, faisant entendre l’Enfant, le Roi des Aulnes et le Narrateur comme le faisait Georges Thill enregistrant l’œuvre dans l’habillage orchestral de Berlioz, et cette Loreley pas moins fantasque, ah oui !, le Liszt diabolique la transporte, écoutez seulement sa Chasse sauvage !
Le clou du disque ? Secondairement chez Liszt, qui s’empare de la Danse macabre de Camille Saint-Saëns, Vladimir Horowitz y ajoutant ses folies digitales : Stella Almondo y est simplement géniale, magicienne dont l’art tient assurément de Méphisto.
LE DISQUE DU JOUR
Franz Liszt (1811-1886)
Méphisto-Valse No. 1, S. 514
Années de pèlerinage II
« Italie », S. 161 (2 extraits :
V. Sonetto 104 del Petrarca ;
VII. Après une lecture du Dante
12 Lieder von Franz Schubert, S. 558 (2 extraits : No. 4. Erlkönig ; No. 12. Ellens dritter Gesang. Ave Maria)
Danse macabre (d’après Saint-Saëns), S. 555 (arr. pour piano seul, avec ajouts de V. Horowitz)
Liebeslied (d’après le Widmung de R. Schumann), S. 566
6 Consolations, S. 172 (extrait : No. 3. Lento placido)
Die Loreley, S. 532
12 Études d’exécution transcendante, S. 139 (extrait : VIII. Wilde Jagd)
Stella Almondo, piano
Un album du label naïve V 9030
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Photo à la une : la pianiste Stella Almondo – Photo : © DR
