Zwielicht

Crépuscule vraiment ? Sylviane Deferne ouvre son parcours Schumann par les Variations Abegg, ce ruban dénoué qui court vers le soleil. Elle les joue délicieusement, savourant les variations, ce rossignol dans le Cantabile…, en doigts fusants, dommage qu’elle ne serre pas les variations, comme le faisait Clara Haskil dans son 78 tours, la petite césure entre les piécettes diminue la fluidité qu’elle y met.

Son Humoreske si sentie, aux ombres suggestives, s’écoute avec admiration, la longueur des phrasés, le modelé des motifs, la clarté dans le plus sombre, surtout ce ton très lied qu’elle met à ce cycle de confidences, et qui rend l’œuvre si singulière, prouve qu’elle est chez elle chez Schumann, manière d’aller vers ce crépuscule que le titre de l’album annonce.

Nachtstücke hoffmannesques, Gesänge der Frühe suspendus au bord du vide, où le silence est dans les notes, décidément Sylviane Deferne s’est trouvée en Schumann.

LE DISQUE DU JOUR

Zwielicht

Robert Schumann
(1810-1856)
Variations sur le nom Abegg, Op. 1
Humoreske, Op. 20
4 Nachtsücke, Op. 23
Gesänge der Frühe, Op. 133

Sylviane Deferne, piano

Un album du label Aparté AP393
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Photo à la une : la pianiste Sylviane Deferne – Photo : © DR