La timbale assène, le piano tempête : Le Commandeur emporte Don Giovanni aux enfers. Même si Mozart compose son opéra quelques années plus tard, Kristian Bezuidenhout n’hésite pas à nous immerger dans la coda d’un drame à venir. Spectaculaire certes, mais qui rappelle à quel point le théâtre se sera infusé dans le corpus des concertos.
Fidèle à son jeu orné, il le restreint au long de ce ré mineur en ouragan dont même la Romance ne s’échappe pas absolument, très Andante et donc preste, parenthèse avant un Rondo où la tempête reprend.
Magnifique proposition dont la violence en détournera certains. Qu’ils commencent donc par le giocoso solaire du 14e, où les timbres versicolores du beau McNulty d’après Walter & Sohn invitent tout un jardin, et les sérénades qui vont avec, contraste total avec le sombre du précédent : deux Mozart, quasi deux mondes que les Freibourgeois arpentent avec la même détermination, j’imagine que l’engagement de leur konzertmeister Cecilia Bernardini les aura menés aussi loin.
Le 5e est une fête, il devient ici, dans cette profusion de couleurs et d’accents, simplement irrésistible.
LE DISQUE DU JOUR

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Concerto pour clavier No. 20
en ré mineur, K. 466
Concerto pour clavier No. 14
en mi bémol majeur, K. 449
Concerto pour clavier No. 5
en ré majeur, K. 175
Kristian Bezuidenhout, pianoforte
Freiburger Barockorchester
Un album du label harmonia mundi HMM 902759
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Photo à la une : le pianofortiste Kristian Bezuidenhout –
Photo : © Marco Borggreve