Sérénade viennoise

Les souffleurs viennois jouent-ils toujours leurs instruments d’une facture si particulière ? Dès le Largo introductif de la Gran Partita, le fruité des hautbois, le chant ombreux des clarinettes, des cors très « de chasse » rassurent. Les solistes à vent des Wiener Symphoniker ont conservé ce qui faisait le charme que leurs aînés déployaient jadis.

Ils entendent la Gran Partita comme une vraie sérénade, ne cherchent pas à l’élargir au volume symphonique, privilégient la danse lorsqu’il le faut, embellissent les échappées nocturnes des adagios, et se régalent dans les fantaisies du Tema con variazioni, faisant assaut de virtuosité.

Une belle prise de son naturelle flatte encore ce jardin de sons où les mélodies priment sur l’élan, Milan Turković restant fidèle à son Mozart, en rien concerné par l’interprétation historiquement informée.

Ce sera pour certains un bémol, pas pour moi : il y a tant de naturel, de simple poésie jusque dans une certaine nonchalance, mais écoutez la réjouissance finale, cet élan sans appui, cette cambrure, ces timbres qui volent, l’envers de tant de versions qui y déclament.

LE DISQUE DU JOUR

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sérénade No. 10 en si bémol majeur, K. 361 « Gran Partita »

Bläser der Wiener Symphoniker
Milan Turković, direction

Un album du label Gramola 99377
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Photo à la une : le bassoniste et chef d’orchestre Milan Turković –
Photo : © Werner Kmetitsch