Paavo Järvi note : « Le Mahler que nous découvrons dans la Septième symphonie paraît sous un jour plus complexe, plus sombre, plus philosophique que celui exposé par ses œuvres précédentes ». Dont acte, mais plus sombre vraiment ?
Coda d’un triptyque où Mahler en sera resté au seul orchestre symphonique, la Septième ouvre en effet sur de nouveaux mondes. Elle étend d’ailleurs l’instrumentarium, ajoutant aux cloches d’alpages déjà employées dans le grand notturno de la Sixième Symphonie guitare et mandoline, usant de l’immense phalange comme d’un instrument à géométrie variable : les deux Nachtmusik viennent vraiment d’ailleurs, Paavo Järvi y entend, plus que les prémices de certains alliages de la Seconde Ecole de Vienne, vraiment des ovni musicaux : dosages fascinants qui ne corsètent jamais les étranges poésies où Mahler osa un imaginaire sonore stupéfiant.
Le Scherzo ne le sera pas moins, impondérable danse de spectres que Paavo Järvi esquisse d’un pinceau léger, ce même pinceau qui retire au premier mouvement ce vernis toujours trop sombre, et évite au Finale de tourner au charivari : il filera plus solaire que festif. C’est la leçon de cette Septième en nuit claire, Paavo Järvi semblant prendre pour lui l’adresse de Jascha Horenstein faisant répéter le Scherzo de la Sixième Symphonie, demandant à l’orchestre « jouer cela comme du Mozart ».
Leicht !, cette Septième l’est assurément, et d’autant plus fascinante.
LE DISQUE DU JOUR
Gustav Mahler (1860-1911)
Symphonie No. 7
« Chant de la nuit »
Tonhalle-Orchester Zürich
Paavo Järvi, direction
Un album du label Alpha Classics 1206
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Photo à la une : le chef d’orchestre Paavo Järvi – Photo : © Kaupo Kikkas