Romantisme du Nouveau Monde

Edward MacDowell, l’auteur de ces délicieuses bluettes pour piano que les virtuoses nord-américains adorent placer en bis pour surprendre ? Pas seulement.

John Wilson dont on ne peut brider la gourmandise face à des terres peu explorées offre les deux premiers volumes d’une anthologie de son œuvre pour orchestre – un troisième disque, suffirait, je crois, pour atteindre l’intégrale, il est probablement déjà « en boîte » – l’occasion d’autant de découvertes.

Entreprises utiles, car depuis le beau disque de Karl Krueger et quelques explorations moins concluantes chez Naxos, l’orchestre sulfureux du New-Yorkais restait peu présent au disque.

Son romantisme noir, hautement singulier, n’avoue guère d’influences, développant une langue percutante, offrant autant d’images que de récits. Ecoutez seulement Lamia, inspiré par le poème de Keats (passionnant de le comparer à la proposition de Dorothy Howell, enregistrée pour le même label par Rumon Gamba et le BBC Philharmonic), écoutez le sombre diptyque d’après l’Hamlet de Shakespeare, et savourez cette plume qui sait se faire légère et transparente : les Waldgeister qui referment la Première Suite.

Et les Concertos ? Xiajin Wang leur ôte ce vernis romantique, un peu sentimental qui les gâche souvent, magnifiant le ton de légende du Premier, où elle égale Seta Tanyel, voir l’ancien disque de Vivian Rivkin, supplantant la proposition plus en demi-teintes de Donna Amato.

Pour la virtuosité comme pour la poésie du Second, avec son introduction si Grieg, elle ne le cédera que devant Earl Wild, mieux accompagnée que lui par ailleurs, mais son engagement, sa présence si physique, ses registres colorés, font jeu égal avec les quatre autres grandes versions, celles de Jesús María Sanromá, de Van Cliburn, de Roberto Szidon, et celle bien moins connue d’André Watts, qui sur un de ses rares albums Telarc couplait l’œuvre aux deux Concertos de Franz Liszt.

A côté de l’imparable Suite indienne, quelles autres partitions révéleront John Wilson et son orchestre ?

LE DISQUE DU JOUR

Edward MacDowell
(1860-1908)
L’Œuvre orchestrale, Vol. 1

Lancelot und Elaine, Op. 25 (Poème symphonique No. 2
d’après Tennyson)

Concerto pour piano No. 1
en la mineur, Op. 15

Two Fragments after
“The Song of Roland”’, Op. 30

To a Wild Rose (No. 1, extrait des “10 Woodland Sketches, Op. 51” ;
version pour orchestra : Victor Herbert)

Lamia, Op. 29 (Poème symphonique No. 3 d’après Keats)

Xiayin Wang, piano
BBC Philharmonic
John Wilson, direction
Un album du label Chandos CHAN 20305
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Edward MacDowell
(1860-1908)
L’Œuvre orchestrale, Vol. 2

Hamlet/Ophelia, Op. 22
Concerto pour piano No. 2
en ré mineur, Op. 23

Romanze pour violoncelle et orchestre en ré mineur, Op. 35
Suite pour orchestre (No. 1)
en la mineur, Op. 42

Xiayin Wang, piano
Peter Dixon, violoncelle
BBC Philharmonic
John Wilson, direction
Un album du label Chandos CHAN 20332
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Photo à la une : la pianiste Xiayin Wang – Photo : © DR