Étrange, le 11 septembre 2023, Lise Davidsen ouvrait son récital au MET par un Vissi d’arte sépulcral et le faisait suivre par le grand air de déploration de l’Amelia d’Un ballo in maschera, tout aussi sombre, de timbre, d’émission, simplement de placement. À quoi le public répond par une salve d’ovations qui ferait plutôt croire que les bis ont été placés en tête sur le disque ?
Etrange vraiment, car dès Zueignung la voix se replace, la ligne s’épure, l’instrument, qu’on sait immense, se recentre, magique à la façon de ce que les sopranos wagnériennes, Kirsten Flagstad en tête, osait en récital : amplifier la portée, musicale comme psychologique, des lieder qu’elles pliaient dans leurs immenses colonnes de son.
Les Strauss sont superbes jusque dans leurs pianissimos que soigne aussi James Baillieu, les Sibelius évidemment itou avec une intensité des mots que Flagstad justement y mettait (Flickan kom ifrån sin älsklings möte), mais écoutez aussi les trois Schubert, ou Våren de Grieg.
Une tziganerie de Kálmán (avec participation du public), un peu de Fair Lady ne se bouderont pas, avant l’envol de Dich, teure Halle, impressionnant certes, mais qui dit assez que dès 2023 une Isolde, une Brünnhilde attendaient, rendant les blondes wagnériennes déjà sous dimensionnées.
LE DISQUE DU JOUR
Œuvres de Giacomo Puccini, Giuseppe Verdi, Richard Wagner, Richard Strauss,
Jean Sibelius, Edvard Grieg, Frederick Loewe, Emmerich Kálmán
Lise Davidsen, soprano
James Baillieu, piano
Un album du label Decca Classics 4870691
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Photo à la une : la soprano Lise Davidsen – Photo : © James Hole
