L’alto règne

Clarinette ou alto pour la tardive ballade automnale du Trio, Op. 114 de Johannes Brahms ? Tabea Zimmermann, jouant un nouvel alto signé Patrick Robin, n’aura pas résisté à l’ajouter à l’enregistrement des deux Sonates, et c’est merveille de l’entendre déployer ce chant profond qui semble doubler le velours du violoncelle de Jean-Guihen Queyras.

L’œuvre est mystérieuse, parcourue d’élans schumanniens qui sonnent comme autant de regrets, et c’est naturellement que l’altiste tisse dans le reste du disque les liens avec le cercle de l’auteur des Kreisleriana, trois Romances de Robert, trois autres de Clara qui ne palissent pas devant celles de son époux, ce qui est assez rare pour être souligné, le Scherzo-tempête de la Sonate « F.A.E » où l’alto fait le cor, compléments évidents qui ne doivent pas reléguer la vraie surprise du disque : les Mélodies hébraïques de Joseph Joachim, prières émouvantes qui serrent le dialogue entre l’alto et le piano de Javier Perianes, l’autre fil rouge poétique d’un disque précieux.

LE DISQUE DU JOUR

Johannes Brahms (1833-1897)
Scherzo pour violon et piano (No. 3, extrait de la Sonate « Frei aber einsam » ; version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
Trio en la mineur, Op. 114 (version pour alto, violoncelle et piano)
Robert Schumann
(1810-1856)
3 Romances, Op. 94 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
Clara Wieck-Schumann (1819-1896)
3 Romances, Op. 22 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
Joseph Joachim (1831-1907)
Hebräische Melodien, Op. 9

Tabea Zimmermann, alto
Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Javier Perianes, piano

Un album du label harmonia mundi HMM 902789
Acheter l’album sur le site du label Hypérion Records ou sur Amazon.fr ― Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Rui Camilo