Toucher léger, clavier fusant, rythmes piquants, que d’esprit dans les cinq Sonates qu’assemble Denis Kozhukhin dans un disque où le clavier de Haydn semble d’abord fuir le classicisme.
Derrière le ton de pure fantaisie, le jeu si libre, tout un paysage assez Sturm und Drang transparaît au long de cet album imparable, l’un des plus pertinents parcours discographiques qu’a connus le piano de Haydn.
Les contrastes abondent, dessinant un univers capricieux qui ne semble pas si éloigné que cela des fantaisies étranges d’un Carl Philipp Emmanuel Bach (Denis Kozhukhin ferait bien de s’y risquer), l’impertinence joueuse des Allegros contraste avec les ariosos des Andante (celui de la Sonate en ut mineur, où le pianiste ne traîne pas), l’irrévérence des Finales se dore d’une poésie joueuse assez fabuleuse.
Le disque se dévore, mais je reviens sans cesse au Molto vivace qui conclut la Sonate en mi mineur : Denis Kozhukhin la pare d’une grâce toute mozartienne : derrière le giocoso se glisse une ombre, moment magique.
LE DISQUE DU JOUR
Joseph Haydn (1732-1809)
Sonate pour clavier en
ré majeur, Hob. XVI:4
Sonate pour clavier en
mi majeur, Hob. XVI:31
Sonate pour clavier en
ut mineur, Hob. XVI:20
Sonate pour clavier en
fa majeur, Hob. XVI:47bis
Sonate pour clavier en
mi mineur, Hob. XVI:34
Denis Kozhukhin, piano
Un album du label Pentatone PTC 5187407
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Photo à la une : le pianiste Denis Kozhukhin – Photo : © Sasha Gusov