Mehr Licht !

Le 25 septembre 1970, Herbert von Karajan revenait à la Romantique de Bruckner, en changeant drastiquement son approche sonore : tempos amples, échelle dynamique subtilement modelée (avec une attention particulière au jeu pianissimo), lecture avant tout verticale, tout cela laissait entrer à flot une lumière souvent glacée.

Cette Romantique en paysages d’hiver inaugurait son nouveau Bruckner, certains crurent y entendre un orgue et encore aujourd’hui on ne saurait leur donner tort : les Berlinois sonnent avec une cohérence qui s’augmentera encore l’année suivante pour une Septième hors du temps et de tout espressivo, quasiment abstraite et d’autant plus fascinante.

On espéra un temps l’intégrale qui logiquement aurait dû suivre, mais il n’en fut rien. Revenant à toutes les Symphonies pour Deutsche Grammophon, Herbert von Karajan s’engagea sur une autre voix, laissant de côté l’audace radicale, l’aveuglante lumière de ces deux Symphonies splendidement remasterisées par le Studio Circé, nouveau jalon d’un cycle qui se poursuivra chez Dvořák et Wagner.

LE DISQUE DU JOUR

Anton Bruckner (1824-1896)
Symphonie No. 4 en mi bémol majeur, WAB 104 « Romantique »
Symphonie No. 7 en mi majeur, WAB 107

Berliner Philharmoniker
Herbert von Karajan, direction

Un albumde 2 SACD du label Warner Classics 5026854655185
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Photo à la une : le chef d’orchestre Herbert von Karajan –
Photo : © Siegfried Lauterwasser